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J’adore cette chanson.  En fait Je crois que j’aime toutes les chansons qui parlent de Paris. Il y a toujours quelque chose de fascinant dans une déclaration d’amour qui concerne 10 millions d’habitants et des pavés humides.

Pourquoi ce regain d’amour pour la Capitale ?, moi l’australienne buveuse de latté qui ne met pas un pied dehors si la température extérieure ne dépasse pas 25 degrés ? Eh bien, toute une chaîne de circonstance folle et incroyable s’est mise en place pour m’entrainer dans la gueule du loup et me faire vivre 7 petits jours d’une vie parisienne comme à la bonne époque (mais en version j’irais dormir sur ton canapé, faut pas déconner non plus).

Je te passe mes problèmes d’avion : Oui, j’ai fait un article sur le fait que je flippe en avion, disons que je suis déjà à Paris (et pas SUR Paris… gna gna gna), je viens de poser le pied et je suis en quête de mon ticket de RER. Mmmmmm, premier souvenir plein d’amour, la queue pour acheter un ticket (oui, ok j’ai oublie mon numéro de carte bleue, je suis obligée de faire la queue… aucun commentaire n’est toléré).

Le parisien est un filou qui croit que parce que tu as un sac de voyage sur le dos et une coupe de cheveux proche de l’attentat visuel, tu ne diras rien si discrètement, il essaie de passer devant toi. Enfin discrètement, on repassera ! La superbe technique qui consiste à se mettre à ta hauteur (en lisant un magazine de préférence) et à avancer d’un léger demi pas toutes les 10 secondes pour tenter de te passer devant, on la connait. Moi dans ma tête, je me suis dit « merde, c’est un test, un test pour voir si j’ai encore l’âme d’une parisienne », vu que je suis capable de tuer un enfant australien que je suppose en train de me piquer ma place dans la file d’attente pour mon quesadillas poulet, imagine comment je te reçois le parisien de base. Je l’avoue, j’ai pris du plaisir et je me suis dit que ça allait être vraiment cool cette semaine parisienne. J’allais enfin pouvoir retrouver tout ces bons vieux réflexes qui me manquent tant à Melbourne :

  • Râler quand les gens ne se lèvent pas des strapontins dans le métro, avec l’option je fais mon regard noir et je regarde la personne assise pendant tout le voyage qui fait elle, semblant de ne pas me voir en train de la regarder.
  •  Insulter les voitures et surtout le chauffeur rustre qui te grille la politesse (j’ai un gros gros manque de ce coté la, l’australien roule en dessous des limites de vitesse et s’excuse presque quand son feu passe au vert et que toi, tu ne peux plus traverser)
  • Se battre avec le serveur pour avoir un verre d’eau (le classique mais tellement bon)
  •  Compter le nombre de personne à  la caisse du Monoprix et essayer de déterminer par un savant calcul LAQUELLE sera la plus rapide (une copine m’a dit un jour, avec une petite lueur dans l’œil, tu sais en fait, ce qui compte, ce n’est pas le nombre de personnes, mais le nombre d’articles, parce que le plus long, c’est l’encaissement, j’ai eu l’impression qu’elle me donnait un secret jalousement caché depuis des années par une équipe d’experts) mais c’était sans compter sur le problème d’étiquetage, qui foire complètement toutes tes théories et qui réduit à néant tout espoir d’arriver à l’heure à ta soirée/diner/plateau télé.

Bref, un vrai bonheur sans fin. J’ai pris un plaisir fou  à faire semblant d’être de mauvaise humeur.

Lorsque je suis partie, j’étais un peu fâché avec Paris, trop de monde, trop de tout, je n’aimais plus cette ville, je rêvais de verdure et de silence avec le bruit des oiseaux. Mon retour m’a réconcilié avec cette grande folle qui ne dort jamais. Paris, c’est un tel bordel que tu finis par l’aimer puis par ne plus t’en passer. Parfois, c’est vrai, tu la détestes, ces taxis qui ne sont jamais libre, qui ne veulent pas t’emmener ou tu veux, ou qui (je n’ai jamais compris) n’ont pas de GPS et ne savent pas comment te ramener chez toi ( vu qu’on est pas encore riche comme Crésus, il est clair qu’à 90% on prend le taxi parce qu’on rentre de soirée et qu’on est bien trop bourré pour marcher ou prendre le métro, donc se taper le chauffeur qui te pose 20 000 questions sur la route, ce n’est pas chiant, c’est une torture) . Bref, je m’égare…

Finalement, je suis toujours très contente d’en être partie mais maintenant je resterais à jamais attaché à cette ville si différente (Je n’ai pas parlé des pigeons mais bien sur, c’est évident ils ont su contribuer à leur manière à me mettre dans le bon ton dès le premier réveil: PUTAIN, MAIS DÉGAGE!!!!! mmmm Paris me manque, il y a que des perroquets trop mignon ici…)  

A l’aube de mes 1 an en Australie (et à Melbourne plus précisément), il est temps de faire un peu le bilan :

Oui, bon ça passe :) 

Il y a tout juste 1 an, je prenais la décision de partir, de tenter comme on dit, l’aventure de l’expatriation. Entre projet perso et projet de couple, je voulais du changement, vivre une vie un peu différente de celle qui semblait déjà toute tracée en France. Les circonstances sont parfois en notre défaveur, cette fois ci, elles ont été mes anges gardien.

Le départ n’a pas été si compliqué, en 6 mois, le projet était bouclé. Le visa n’est vraiment pas compliqué à faire, lâcher un appart et un job, ca ne demande qu’un peu de courage. Bon on va dire que c’est peut-être Pôle-Emploi le plus relou :) Mais la, on connait tous la chanson.

Donc voila, je me revois, la tête pleine de rêves, de peurs et de questions. Mais je me revois surtout pleine d’envies, de forces et de courage.

Paris endort, Paris, passée les premières années pleines de surprise, c’est gris, c’est un rythme effréné, tu cours mais tu n’as pas d’objectifs. Ou si, tu as les mêmes objectifs que tout le monde. Ton job, ton futur appart en tant que proprio, ton couple et tes weeks ends à la campagne. A 30 ans, tu te vois déjà à 50 ans. Bref, pour moi l’angoisse.

Alors quitte à partir, on a choisi de prendre le Level Difficult force 12, un visa temporaire d’un an (le fameux working holiday visa qui te donne la possibilité de rester 1 an sur le territoire, mais tu ne peux pas faire plus de 6 mois de travail pour le même employeur), pas (beaucoup) de thunes et un niveau d’anglais qui te permet de comprendre Friend sans les sous-titres. Donc autant te dire qu’on ne faisait quand même pas les fiers.

Ah bah, ca veut se la pêter : Je pars en Australie, mais après il faut y aller, et la ca rigole un peu moins.

L’arrivée, elle est comme je l’imaginais et comme je la voulais : Un sac à dos et l’adresse d’une auberge dans la main. Je voulais cette image «  Je suis partie de rien », pour pouvoir voir la progression.  L’impression d’être Christophe Colomb un peu. Surement cliché mais je m’en fous.

Quand tu pars, tu as le droit à des tas d’histoires, toutes aux antipodes les unes des autres. Pour bidule,  « l’Australie c’est vraiment facile, tu trouves un job en 3 jours. Un sponsor, mais ouais mec, pas de problème, c’est limite si il te le donne pas », pour Machin « Mmm, c’est chaud quand même, tu as des pistes ? non… un point de chute ? non plus… d’accord, d’accord, d’accord. Oui bah un an c’est déjà bien, si tu rentres avant ce n’est pas grave tu sais ».

Donc quand tu arrives, tu ne sais pas trop si tu vas bosser direct le lendemain ou si tu vas devenir ce que l’on appel un « chômeur de longue durée ».

Mais en tout cas, une chose est sure, tu n’es pas dans le tiède. Tu es la, mais vraiment là, demain est inconnu mais demain n’est pas une journée inutile, faite de la même routine. C’est la connexion parfaite entre ton esprit, ton corps et le temps présent.

C’est fou mais rien ne te fait peur.

Bon après, la vie réelle reprend, faut pas déconner non plus, mais c’est quand  même très grisant.

Alors, c’est quoi la réalité d’une vie à l’étranger ?

Les 6 premiers mois, finalement, avec le recul, on en a bavé. 6 mois à se prendre des murs pour des boulots, ca use. On avait l’excuse du sponsor qui nous permettait de garder la tête haute mais je crois qu’on a quand même pris 2, 3 claques dans l’égo. Et pis, comme on est partie avec l’option pas de thune, il a fallu, faire descendre son égo encore un peu plus bas, et trouver des petits boulots. Quand tu as 30 ans et que tu as bossé presque 4 ans en agence à Paris, pas la peine de t’expliquer que tu le vis mal. Servir des cafés à des connards, c’est un crève-cœur, mon mec a été plongeur, la tu ne sers même pas le café, tu nettoies le bordel après, c’est proche de l’humiliation.

Comme on a eu un bel ange gardien, on a fait un combo en à peine un mois. Lui, à trouver un « vrai » job et le sponsor qui va avec. Sponsor qui m’était aussi accordé car petite amie officielle. Moi, avec ce blog et mon article sur La Redoute : http://leblogdeb.tumblr.com/post/19396315346/new-job-new-life-et-des-tonnes-de-pancakes

En l’espace de quelques semaines, nos vies ont changés. Un appart, un vrai, qui en plus est, sans cliché aucun, l’appart de nos rêves. Celui ou tu te sens bien, ou tu aimes trainer et faire des bonnes bouffes. De l’argent, pour pouvoir vivre enfin comme des trentenaires accomplis, des jobs pour pouvoir s’épanouir.

C’est difficile d’avoir plus de chance.

Maintenant, on se pose enfin. On souffle et on est fier du chemin parcouru.

Je dirais que dans tout ça, c’est la famille et les amis qui manquent le plus. C’est fini, l’emploi du temps surchargé et les weekends bookés 3 semaines à l’avance, la vie est plus calme mais moins de cigarettes et d’alcool, je ne pense pas que cela soit si grave.

La crise n’est pas ici, la crise n’est pas dans nos sujets de discussions, elle existe, c’est vrai, toujours là, mais on a le luxe de pouvoir l’oublier. C’est une vraie respiration.

J’entends et je vois pas mal de monde qui parle de venir ici. Je n’ai qu’une chose à dire : VENEZ

Mais attention aux fantasmes, il ne suffit pas de se baisser pour trouver un job et un appart, il faut des reins solides et être prêt à sacrifier quelques mois. Mais est ce que le jeu en vaut la chandelle ?: la réponse est oui.

Si une autre vie est possible, elle l’est en Australie 

Je sais,  je vous ai entendu crier mon nom durant toute cette période de silence, ma boite mail a été inondé (de spams), je ne pouvais plus recevoir de textos (j’ai plus de forfait), ni de messages vocaux (je n’ai pas activé mon répondeur) donc j’ai entendu vos prières (comme Ophélie Winter) et me voila !

Certes j’ai eu beaucoup de travail mais j’ai aussi redécouvert une activité qui te prend tout ton temps, tes ongles et ton énergie à savoir : chercher un appart.

Fraichement arrivée de Paris et donc de l’enfer de la location, j’ai cru que chercher un appartement à Melbourne, se résumerait à comparer les photos du salon et  de la chambre tout en faisant monter les enchères pour que l’on y vienne.

MOUH AH AH

Tu la vois la bonne blague ?

C’est vrai, je le reconnais les australiens sont cools, relax et easy way of life, c’est vrai…Par contre je n’avais pas capté que cela s’appliquait aussi dans leur boulot… et encore plus dans l’immobilier. Quelle aventure mes amis.

Sache déjà que ici, tu ne te pointes pas dans une agence comme ça à l’improviste avec les photocopies de tes 32 dernières années de travail et la lettre des tes garants sur 12 générations. Non, non… Tu vas sur un site internet ( pour ceux que ça intéresse: http://www.domain.com.au/), et la, dans la mignonette annonce est notifiée le jour, l’heure et le lieu, en gros

  • Mardi 12, 14h, sur la croix que tu vois dans Google Maps (j’allais mettre mappy la honte, so 2011)

Donc tu te fais ton petit programme de visite et tu te pointes au rendez vous comme indiqué. Bon déjà, les mecs te donnent des rdv le mardi après midi à 15h30, pour être sur que tu poses ta seule journée de RTT et bien te faire chier (Oui l’australien est parfois vicieux)

MOUAH AH AH (bis), je sors ma carte free lance et je me pointe aux visites.

Mais l’australien est fourbe, parce que 1 fois sur 2, bah c’est simple, il ne vient pas. Le mec doit raconter des cracks à sa boss « Je ne comprends pas pourquoi il ne part pas cet appart » et s’en va en fait déguster un « strong weak decaf latté with one sugar » avec Kelly face à l’océan (j’en ferais un billet parce que le café ici, c’est un peu notre fromage, c’est sérieux cette affaire) et moi je reste 2 heures à attendre en fumant ma clope à 4000 dollars…

J’ai aussi eu droit à : « Oh oh, ce n’est pas les bonnes clés…zut, revenez demain, allez bisous ». Vu que c’est arrivé 3 fois,  je pense qu’ils sont totalement décomplexés avec l’idée de te faire perdre 3 heures de ta journée… Ca ne leur pose aucun problème. La carte free-lance c’est pratique mais bon quand même.

Allez, je vous passe les détails mais hop, miracle on trouve celui qui nous fait vibrer. Commence alors un incroyable parcours. Eux, les rois de la connexion 1G, du débit proche de 0, eh bien tu dois postuler en ligne (l’australien est comique).

24 pages plus tard et au moment de valider ton dossier, la page plante. Mouah ah ah, 4 000 dollars plus tard, je recommence. J’ai donné, je pense tous les numéros qui sont dans mon répertoire, mes expériences depuis mon stage de troisième et tous les numéros de mon passeport, carte d’identité et  permis de conduire, etc… La police a moins d’infos sur moi que l’agence immobilière.

Eh bien, ils ont TOUT  vérifié, ils ont téléphoné à mes boss, au boss de mon mec, à notre actuel proprio, en fait à peu près tous les gens que l’on connait en Australie.

En discutant avec ma boss de Sydney sur cette incroyable aventure, elle me confie qu’une lettre de motivation est fortement appréciée par les agences.

KEUOUA ?

Il faut que je fasse une lettre de motivation ? « J’ai toujours adoré les appartements parce que de toute façon j’ai pas les moyens de me payer une maison. Vivre sous un toit est un truc que j’ai toujours kiffé et j’espère le faire pour les 100 prochaines années. J’aime beaucoup les koalas et les kangourous et votre robe est formidable ».

  • Ok, je vous donne une réponse dans 24h.
  • "Purée…j’ai peur que mon sponsor soit annulé et de me retrouver à Brie sur Essonne ou Nogent sur Marne…."

Le lendemain et 15 appels en absence de ma part, elle me rappel et « YESSSSSS », nous avons été « choisi » par la main de dieu. Et la, dans un joli rictus, elle t’explique que tu as 24h pour lacher la caution et le premier loyer sinon tu es expulsé du pays (bon j’exagère mais en tout cas, si dans 24h son compte ne s’est pas alourdi de 6 000 dollars, bah tu peux commencer à préparer le repas à tous tes colocs pour leur annoncer que tu restes).

Tin tin tintin tin (Je  chante mission impossible), coups de fils, banque, coups de fils : c’est bon ! Nous sommes pendant 2heures, virtuellement riche…

RDV à l’agence, bon la, elle te sert la main tout en vérifiant le chèque et te fait signer 10 000 papiers qui en gros te disent que si il y a unproblème, dans 99% des cas, bah c’est pour ta pomme (logique). Tu signes parce que tu as pas trop envie de repartager ta salle de bain à 6.

ENFIN, le premier sourire de l’agent, en même temps, elle vient de calculer que grâce à moi elle remplit ses objectifs et que du coup elle peut ne plus se pointer aux autres visites du mois…

Donc bref, j’ai quand même trouvé ça plus facile que Paris mais par contre j’ai bien senti la notion ici de Buisness is Buisness, on encaisse, on sourit après. En même temps, c’est peut être pour ça que l’Australie n’est pas en crise… ? 

Je crois qu’il est temps de briser le mythe de l’Auberge Espagnole :

                      « LA COLOC, C’EST VRAIMENT TOUT POURRI »

Non parce Klapisch  nous a bien arnaqué sur le concept. Il nous a vendu la franche camaraderie, les diners sympa sur la terrasse d’un balcon de 310m² avec vue sur la plage, les instants complices tous ensemble devant un bon film avec une bouteille de bordeaux, les crises de fou rire et les instants cocasses à l’entrée de la salle de bain.

Mais moi je vous le dis, on s’est bien foutu de votre gueule parce que la réalité est toute autre.

La coloc:

  • C’est se taper de l’eau froide sous la douche parce que notre chère amie allemande a décidé de se prendre un bain en pleine après midi. 
  • La coloc, c’est chercher désespérément une assiette propre pour manger ses pates au beurre sans gruyère (très très grave)
  • C’est regarder sa montre à 3h du mat parce que le couple de la chambre mitoyenne a improvisé une after au red bull.

Bref, si tu as 20 ans et que tu lis ce blog, je te conseille de t’arrêter la.

Je me souviens lorsque j’étais étudiante, j’avais eu mon petit studio rien qu’à moi, j’étais fière, j’avais un « appart », j’étais autonome. Il y avait ce groupe de pote que je côtoyais dans mon école, il avait fait une coloc à 5. « Tu viens, il y a une soirée à la coloc ?,  Rhoo, tu as entendu ce qui s’est passé à la coloc hier soir ? » et patati et patata (je suis pour la réhabilitation de cette expression désuète). Il ne se passait pas une journée sans entendre une histoire sur cette coloc. J’avais l’impression qu’ils vivaient un tuc über cool et que j’étais une has been avec ma mini-cuisine américaine. Pauvre malheureuse, je vivais des instants de délicieux bonheur, et je n’en étais pas consciente…

Du coup, avec cette histoire de coloc, je me disais, « tin, moi aussi j’aimerais bien me la péter et dire des trucs comme » :

  • Non, ce soir je ne peux pas, j’ai une soirée coloc
  • Rhoo, ma coloc m’a fait une surprise samedi matin et m’a acheté des pains aux chocolats 
  • Elle a ramené un mec l’espagnole, une bombe! J’ai halluciné

Oui mais voila, maintenant la coloc, j’ai vécu et par pitié, si quelqu’un m’entend : Sortez moi  de cet enfer !!!  

La coloc en Australie, ce n’est pas sympa pour une simple et bonne raison : tu ne vis pas avec des australiens. Et oui, ca peut paraitre con comme ça, mais je te l’ai expliqué dans le post précédent, « ce sont les australiens qui sont gentils pas le autres… ». Et depuis notre arrivé, j’ai déjà vécu avec :

  • 4 anglais (2 couples)
  • 2 néo zelandais (1 couple aussi)
  • 2 Italiens
  • 1 chinois (et ces 5 potes squatteurs)

Autant te dire que les 4 anglais soir de match de foot, tu n’avais qu’une solution : finir plus saoul qu’eux pour t’écrouler et ne pas entendre leurs hurlements jusqu’à 5heure du mat.  

Quand à mon cher ami chinois….mon préféré :

Le jour de la visite, la propriétaire sœur du chinois, nous a vanté les mérites de cet appart :  « Il n’y a qu’un seul coloc et en plus il n’est jamais la, vous allez voir, c’est comme si vous viviez tous les 2 »

MEGA FAIL

Ce gentil adolescent pré pubère monsieur n’a pas attendu une journée pour ramener tous ses potes et jouer en réseau 24 sur 24. Comme il avait eu la bonne idée de ne pas apprendre un mot d’anglais, je ne pouvais même pas lui hurler dessus : « Move, mother fucker »…

On est parti au bout d’une semaine en refourguant à base de gros baratin le mauvais plan à 2 supers gentilles hollandaise « C’est génial ici ! Lui la assis avec un air neurasthénique, pfff vous allez voir il n’est jamais la », j’en culpabilise encore mais c’était ça ou je rentrais en France avec un casier judiciaire…

Donc la, en attendant que l’on se prenne un appart enfin tous les 2 (YEAAHHHH), je vis avec

  • 1 chinoise et son mec australien
  • 1 couple de brésilien
  • 1 magnifique et gentil couple de français (c’est-à-dire nous)

Et la je suis au bord de gouffre et de l’homicide volontaire ou involontaire…

Ils sont gentils pourtant mais :

  • j’aimerais bien me lever le matin et déguster mon verre de jus d’orange peinard en pyjama et pas me taper la causette pendant des plombes  quand j’ai encore la trace de l’oreiller sur la joue.
  • Ne pas devoir caser toute ma bouffe dans l’étagère du milieu et faire tenir une bouteille de lait et de coca dans 2millimètres²…
  • Ne pas devoir faire ma vaisselle à chaque fois que je mange…

Je réclame le droit au bordel, je réclame le droit d’oublier mon linge dans la machine à laver pendant 2 jours, d’ailleurs quelqu’un peut m’expliquer cette vérité absolue:

Je réclame le droit de manger un Mc do à 5heures du mat (c’est ouvert 24/24 ici hiiiiiiiiiiiii) sans avoir peur de ma faire choper, je réclame le droit d’être peinard en fait !!

Et la je viens juste de me rendre compte de cette terrible constation : “Et merde, je suis une trentenaire….”

Non, sincèrement je me pose la question. Au vu de mon dernier week end, je commence à me dire, non mais ce n’est pas possible: “Ou ils sont vraiment trop gentils ou on est vraiment des gros connards en France”.

 Je m’explique :

Premier petit truc pour illustrer mes propos. Quand tu vas au cinéma, il ne vérifie pas que tu as un pris un ticket. JE REPETE : personne ne te demande ton ticket à l’entrée de la salle. Bon et bien je suis désolée mais moi la première pensée qui me vient : « Ouh punaise, mais on pourrait rentrer gratos », je sais, c’est mal mais je suis sur que vous penseriez la même chose. Et pour avoir été plusieurs fois au ciné, je peux te dire que ca se passe toujours comme ça.

Bon, tu restes septique, next :

Je suis partie en week end, et j’ai passé une nuit dans un bed & breakfast. Quand nous sommes arrivés, le gérant ne nous a rien demandé, pas de carte d’identité, pas de carte bleue, pas d’empreinte digitale, rien. Il nous a juste dit avec son accent incompréhensible :

« Vous viendrez me régler demain matin et si vous mangez ici, vous le mettrez sur votre numéro de chambre, thank you buddy»

Bon, bah la encore, première pensée « Mais il est fou, ca veut dire qu’on peut se barrer sans payer, il y verrait que dalle » !!! 

D’ailleurs, on est parti très tôt le lendemain matin, l’accueil n’était même pas ouvert, on a du laisser l’argent dans notre chambre avec un petit mot.

Imagine un peu ça en France ?

Quand tu vas au ciné, genre à Bercy, tu passes un contrôle de sécurité aussi renforcé que dans un aéroport. Si tu vas aux toilettes pendant la séance, tu as intérêt à montrer patte blanche, sinon tu finis le film dehors…

Pour louer une chambre, on n’en parle pas. Généralement, tu as du tout payer avant même d’être arrivé…

C’est vrai que depuis mon installation ici, j’ai du apprendre à me détendre et perdre mes reflexes de parisienne. J’avais l’air suspecte à tenir mon sac à main comme une tarée dans le tram. Les filles ici, en terrasse des cafés, elles laissent leurs sacs et leur Iphone sur la table sans même se poser la question.  La première fois que j’ai vu ça, je me suis dit « c’est une caméra caché ? On veut me piéger, vous ne m’aurez pas salaud»…

Mais non, ici on part du principe que tu es gentil jusqu’à preuve du contraire.

Je ne comprenais pas en France, quand dans le métro j’entendais « Attention des pickpockets sont susceptibles d’agir dans cette station », je me disais « Ouais bah y’a pas que dans cette station qu’ils sont suscpetibles d’agir les pickpockets, faut être con pour pas surveiller son sac », maintenant, j’imagine un australien dans la ligne 9 et je me dis le pauvre:

 ”c’est un petit bébé pingouin au milieu d’un banc d’orques” … Il ne doit pas s’imaginer le quart de ce qu’on va lui faire.

Si seulement on pouvait se sentir aussi bien à Paris…

  • Ne pas devoir se battre avec le serveur parce que tu lui demandes un verre d’eau…
  • Ne pas se faire engueuler par la guichetière de la RATP (et tout ceux qui font la queue) parce que tu ne trouves pas ton pass navigo…
  • Ne pas passer son temps à surveiller son sac…
  • Ne pas changer de trottoir en face d’une bande de mecs quand tu rentres toute seule le soir…

Tiens encore un exemple :

Bon c’est un truc de filles. On le sait toutes, quand tu passes devant un chantier ou il y a des mecs du BTP (ou autres hein, je ne veux pas de problèmes avec les mecs du BTP, j’aimerais bien un jour construire une maison ), tu peux être sur que 9 fois sur 10, tu te manges une réflexion bien graveleuse à base de « Tu ne veux pas venir réchauffer ma saucisse ? » (si si on m’a sorti ça une fois), et bien sache que ici, les mecs ne te calculent pas. Ils bossent et tu as autant d’intérêt qu’un saucisson pour un végétarien.  

Idem quand tu rentres de soirée, les mecs sont bourrés comme des cuves irlandaise, et bah rien, Ils te disent bonsoir et pis c’est tout. Crois moi que c’est vachement agréable.  

Donc voila, ca c’est un truc que j’aimerais bien importer en France, un peu plus de courtoisie et un peu moins de suspicion. (Oui tu peux verser une petite larme si tu veux) ! 

On a tous des chansons, des clips qui ont une signification personnelle, très personnelle. Tu sais, le titre que tu entends et qui, en 1 seconde te replonge dans des chouettes ou moins chouettes souvenirs.

Ces chansons, tu les oublies parfois et puis, au hasard d’une radio, tu tombes dessus et la BAM, c’est ta madeleine de Proust musicale.

Je suis retombée sur celle là: 


U2 - Staring At The Sun by Master_System

J’avais 16 ou 17 ans je pense, et j’étais tombée amoureuse d’un allemand (au doux nom de Petar…) lors d‘un échange linguistique.  Je lui avais dit que j’adorais U2, il l’avait joué rien que moi à la guitare, t’imagine un peu le truc. Littéralement, je n’en pouvais plus.

Je ne vais pas vous mentir les gars, le coup de la guitare au coin du feu, ca marche à fond entre 15 et 20 ans. Y’a un petit coté, Oh mon dieu il m’a regardé, LUI, la le beau gosse (généralement le mec qui joue de la guitare au coin du feu dans des soirées ado est un beau gosse qui à trouver le méga filon pour rouler un max de pelle sans effort).

Bref, dès que j’entends cette chanson, je me rappelle le frétillement de mon âme à se sentir unique parmi la foule.

 Après il y a eu ma première prise de conscience avec … :

J’avais 10, et j’ai pas tout de suite capté le fond du sujet. Quand j’ai réalisé, je suis devenue toute rouge dans ma chambre dauphin sur fond de coucher de soleil et mes jouets Polly Pocket, j’ai compris qu’on pouvait tous être différent. Ensuite, très très vite, j’ai compris que Celine Dion, ca le faisait pas.

 Et puis il y a ce que j’appelle la chanson Hymne, celle que tu écoutes  à CHAQUE soirée avec ta bande pote, que si tu la passes pas, la soirée est considérée comme naze :

Dès que j’entends la première note, j’ai des milliards d’images qui me viennent en tête et le sourire qui suit juste après.

 Il y a les chansons de rupture, ou  tu te dis «  Ouais bah j’en ai rien à foutre de l’écouter à fond, je viens de me faire larguer alors tu me laisses tranquille ok !!! »

A ce moment là je ressors mes albums de Mano Solo et hop c’est parti mon kiki : « Life is a bitch »:


Y’a la chanson, j’ai honte et j’assume pas (maintenant un petit peu)… : Oui, c’est vrai, tous les matins parfois je l’écoute en m’habillant et je KIFFE, oui voila, c’est bon… Rigole va: 

Et le vieux titre que tu aimes toujours : Sacré Gilbert

Et puis il y a celle que tu kiffes par dessus tout et que tu as vu 3 fois en concert et 3 fois avec une de tes meilleures potes, que tu reverras encore 10 fois avec cette même meilleure pote parce que, c’est comme ça, tu n’as même pas besoin de lui demander, si elle passe en concert, tu achètes 2 places et mise à part ton propre mariage, il n’y a aucune raison de ne pas être disponible!!

L’un des meilleurs concert de ma vie (à L’Olympia By the way)!!

Faut que je trouve ma chanson australienne maintenant !!! 

Je me suis mise au sport…Non, on ne rigole pas. Et Oui, pour de vrai.  Cela fait déjà 3 semaines, donc  je considère que je peux en parler officiellement.

Parce que j’entends déjà mes amis dire « Ah oui ? Et tu fais quoi cette fois ? »…N’en voulez pas à mes amis, c’est normal qu’ils soient un peu septique car ils m’ont vu faire un nombre incalculable de tentatives: 

  • Le badminton : J’ai réussi à me casser le poignet en tombant en arrière. Le médecin a dit que c’était une première et m’a prise en photo avec la radio.
  • L‘aviron : Je me suis retournée dans l’eau et j’ai perdu ma veste préférée (j’avais 15 ans donc finalement la mode me remercie)
  • Le patinage artistique : Le prof m’a presque viré parce que j’ai râlé quand il nous disait que l’on ne serait pas faire un triple louts piqué en 6 mois…du coup je ne suis jamais revenue…
  • La boxe française : Je me suis mise à pleurer quand j’ai du m’entrainer face un mec d’1m90…
  • L’équitation : Quand on a voulu me faire passer d’un poney à un cheval, j’ai prétexté une envie urgente et j’ai quitté la ville pour 1 an.
  • Volley ball : Bon la j’ai tenu longtemps c’est ma plus grande fierté.

Donc quand la, d’un air sur et affirmé, j’ai dit « Je me mets au footing », il y a eu une crise de fou rire. Un peu comme quand, bourré au 31, tu te mets à faire des résolutions de merde (oui il faut le dire) 

  • Je deviens végétarienne, non sérieux, tu as vu comment on tue les bêtes, c’est horrible, “Tu me passes le saucisson steuplait” !!
  •  J’arrête de sortir avec des connards, c’est TER-MI-NE, y’en a marre des plans cul.
  •  Cette année, j’achète un appart
  •   Je crois que je vais faire du bénévolat à la Croix-Rouge, j’ai envie de penser aux autres
  •  Mais bien sur que je serais la pour ton déménagement le week end prochain, tu peux compter sur moi
  • Et Le classique mais imparable : « j’arrête de fumer ”

Imagine ma crédibilité…

En plus il faut savoir qu’en Australie et à Melbourne, le sport est une religion. Ici, tu donnes ton nom, ton âge et ton club de sport dans les fiches d’inscriptions…Quand tu te balades, tu croises à chaque fois la bombe qui fait son footing, l’air heureuse et épanouie et pour te dire même les vieux sont musclés…

Pour couronner le tout, ils ont tous la tenue complète, mais complète : le porte baladeur, le porte bouteille, l’I-phone sur Run keepper, la tenue assortie aux chaussures.

Moi je ne ressemble à rien…J’ai une tenue qui a pas du couter plus de 30 euro, rapport au fait que si je tiens 1 mois, mon mec m’a dit qu’il m’offrait la panoplie: “Hooooo, un shorty en lycra moche mais c’est génial !!!!j’adore”… Donc pour l’instant je cours ET je suis ridicule.

Mais bon, ça fait 20 jours que je cours 4 à 5 fois par semaine et entre 20 et 30 minutes. Je suis hyper fière de moi et je culpabilise plus quand je vais au Mc Do, c’est du win-win.

Je peux enfin dire avec aplomb:  «Mmm, oui non, je ne sais pas si je m’inscris pour le semi-marathon ou le marathon cette année ?”

ou

"c’est quoi ta perf à toi ? Hein: 1h30…ah ouais pas mal… (Putain mais il court avec des rollers ??)”,

Et je place dès que je le peux, genre discrètement, l’air de rien :

  • Un apéro ? Mais carrément. Par contre, pas avant 20h, je fais mon footing avant. Tu sais c’est important de prendre soin de soi.
  •  Mmm, c’est quand même dingue comme le corps est réactif, depuis que je cours, je te jure j’ai pris du muscle, c’est incroyable. T’as vu ces abdos un peu.
  • Je bois 3 litres d’eau par jour, s’hydrater, c’est la base pour nous les sportifs

Bah oui, je me la pète !! Attends tu ferais pareil si tu te mettais au sport !!

Bon par contre la j’ai du arrêté quelques jours, je me suis fait un torticolis en remontant une cote (véridique malheureusement…), j’ai un arrêt maladie de 5 jours…