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Ca y est les amis, j’ai réussi le pari incroyable de me faire embaucher dans une boite australienne. Je dis incroyable, car même si les australiens sont très cools (Oui oui), rentrer dans leur monde professionnel est une autre histoire.

Ce n’est pas vraiment de leurs fautes et les raisons sont plus que compréhensibles:

  • Les jeunes actifs sont très nombreux sur le marché du travail (sans parler du cliché : “Et tiens dis donc, si j’allais travailler dans le social média parce que j’aime bien aller sur facebook et que j’ai 300 followers sur twitter, en plus j’aurais peut être un portable gratuit”)
  • Je ne suis pas australienne.

Bah oui, ça parait très con au premier abord mais une des principales difficultés est de prouver sa capacité à travailler en anglais. Alors je ne sais pas si vous connaissez l’accent australien, mais en gros tu prends un mec du fin fond du Texas, tu lui fais manger un chewing-gum et tu auras une vague idée de ce que j’entends tous les jours. Et sans vouloir être critique (mais un peu quand même) ils ne font pas trop d’effort pour comprendre les accents (certes de merde mais bon…). J’ai en horreur la phrase : « Ohhh you have a very strong accent »… Bah ouais Ducon, je suis française, évidement que j’ai un accent. Essaie de parler français pour que je me marre un peu.

Donc quand il te voit débarquer en entretien, tu fais bonne impression jusqu’à ce que tu ouvres la bouche. La, tu vois les visages qui se crispent, les oreilles qui se tendent et les sourires qui se figent… Toi tu essaies de faire un peu comme dans les films, avec tes Whatever (prononcé: Youahtaiveur), let’s go futher (prononcé : laits gow fourzeeer) et in the other hand (prononce : in zi eauzair haindssss) mais tu sens quand même que tu es en train d’attaquer la falaise…

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Et quand arrive la question :

Mais que connaissez vous du marché australien ? tu penses: Drazic, une planche de surf et un requin… et tu te dis alors que tu es un peu dans le caca…

Il faut donc un peu de temps pour se faire à tout ça : l’accent, la culture, etc…

Parce qu’au fond, ils ont raison. Je vois mal une entreprise française embaucher un anglais qui marmonne 3 mots de français et qui voit tous les français avec un béret et une baguette de pain sous le bras. 

Alors bien sur, il y a des français qui ont réussi en très peu de temps à décrocher un job mais quand, comme moi, tu bosses dans un métier de communication et de social média, la maîtrise de la langue ne peut pas être seulement bonne. Elle doit être presque parfaite.

Donc, bon ça m’a pris presque 1 an… J’ai eu de la chance, entre temps de trouver un job en freelance vraiment sympa, qui m’a permis de continuer à bosser dans mon secteur sans avoir la pression de “Oh mon dieu j’ai plus de thunes…”.

Ce qu’il faut savoir ici, c’est que les boites de recrutement ont pratiquement la main mise sur toutes les propositions de jobs. Je ne sais pas combien il y a d’agence à Melbourne mais en 1 an je n’ai même pas pu toutes les rencontrer…c’est dire. Ce sont  elles qui sont au centre du processus de recrutement et sans leur aval, tu ne passes pas d’entretien. Un conseil : un CV en béton armé : clair, précis et complet.

Apres, bah c’est au minimum 2 ou 3 entretiens. J’ai cru comprendre avec une des boites de recrutement , qu’elles recevaient pas moins de 50 a 100 CV par annonce (sur le social Media)…donc je te laisse deviner le processus de recrutement.

 Bref, je viens de débuter en tant que Social Media Advisor pour une banque nationale, et quel changement. Déjà parce que j’étais en agence et que je passe chez le client. Au passage, assez drôle de voir les agences en réunion, le crayon à la main et le papier près à noter la moindre phrase importante. Et vas y que mon N+1 leur sort des modifications de la mort à faire et tu les vois avec un sourire un peu coincé faire oui oui, c’est assez drôle à voir.

Autre chose, le coté très « polissé » des australiens (et des anglo-saxons en général) fait qu’il est très difficile de savoir ce qu’ils pensent vraiment. Pour exemple, un collègue me brief sur une agence de dev avec qui on bosse :

Moi : Alors ils sont comment ?

Lui : Ah ils sont vraiment super, c’est une super agence

Moi : Ah génial

Lui : Bon par contre, il faut bien être attentif aux deadlines, ils sont un peu en retard

Moi:  OK

Lui : Et puis aussi, n’hésite pas à les relancer, ils sont lents à répondre

Moi : Ok, ok

Lui : Et puis il faut que l’on revoit les updates de décembre car une bonne partie n’ont pas été traitées. 

Oui, bon en fait ils font de la merde…En France, cela aurait été beaucoup plus direct. « Bon écoute poulette, on est maqué avec eux donc on n’a pas le choix, mais je te préviens c’est des nazes sur les deadlines donc tu les lâches pas et questions retour faut t’accrocher. Bon courage, moi j’en peux plus »

Question de culture

AFFAIRE A SUIVRE

A l’aube de mes 1 an en Australie (et à Melbourne plus précisément), il est temps de faire un peu le bilan :

Oui, bon ça passe :) 

Il y a tout juste 1 an, je prenais la décision de partir, de tenter comme on dit, l’aventure de l’expatriation. Entre projet perso et projet de couple, je voulais du changement, vivre une vie un peu différente de celle qui semblait déjà toute tracée en France. Les circonstances sont parfois en notre défaveur, cette fois ci, elles ont été mes anges gardien.

Le départ n’a pas été si compliqué, en 6 mois, le projet était bouclé. Le visa n’est vraiment pas compliqué à faire, lâcher un appart et un job, ca ne demande qu’un peu de courage. Bon on va dire que c’est peut-être Pôle-Emploi le plus relou :) Mais la, on connait tous la chanson.

Donc voila, je me revois, la tête pleine de rêves, de peurs et de questions. Mais je me revois surtout pleine d’envies, de forces et de courage.

Paris endort, Paris, passée les premières années pleines de surprise, c’est gris, c’est un rythme effréné, tu cours mais tu n’as pas d’objectifs. Ou si, tu as les mêmes objectifs que tout le monde. Ton job, ton futur appart en tant que proprio, ton couple et tes weeks ends à la campagne. A 30 ans, tu te vois déjà à 50 ans. Bref, pour moi l’angoisse.

Alors quitte à partir, on a choisi de prendre le Level Difficult force 12, un visa temporaire d’un an (le fameux working holiday visa qui te donne la possibilité de rester 1 an sur le territoire, mais tu ne peux pas faire plus de 6 mois de travail pour le même employeur), pas (beaucoup) de thunes et un niveau d’anglais qui te permet de comprendre Friend sans les sous-titres. Donc autant te dire qu’on ne faisait quand même pas les fiers.

Ah bah, ca veut se la pêter : Je pars en Australie, mais après il faut y aller, et la ca rigole un peu moins.

L’arrivée, elle est comme je l’imaginais et comme je la voulais : Un sac à dos et l’adresse d’une auberge dans la main. Je voulais cette image «  Je suis partie de rien », pour pouvoir voir la progression.  L’impression d’être Christophe Colomb un peu. Surement cliché mais je m’en fous.

Quand tu pars, tu as le droit à des tas d’histoires, toutes aux antipodes les unes des autres. Pour bidule,  « l’Australie c’est vraiment facile, tu trouves un job en 3 jours. Un sponsor, mais ouais mec, pas de problème, c’est limite si il te le donne pas », pour Machin « Mmm, c’est chaud quand même, tu as des pistes ? non… un point de chute ? non plus… d’accord, d’accord, d’accord. Oui bah un an c’est déjà bien, si tu rentres avant ce n’est pas grave tu sais ».

Donc quand tu arrives, tu ne sais pas trop si tu vas bosser direct le lendemain ou si tu vas devenir ce que l’on appel un « chômeur de longue durée ».

Mais en tout cas, une chose est sure, tu n’es pas dans le tiède. Tu es la, mais vraiment là, demain est inconnu mais demain n’est pas une journée inutile, faite de la même routine. C’est la connexion parfaite entre ton esprit, ton corps et le temps présent.

C’est fou mais rien ne te fait peur.

Bon après, la vie réelle reprend, faut pas déconner non plus, mais c’est quand  même très grisant.

Alors, c’est quoi la réalité d’une vie à l’étranger ?

Les 6 premiers mois, finalement, avec le recul, on en a bavé. 6 mois à se prendre des murs pour des boulots, ca use. On avait l’excuse du sponsor qui nous permettait de garder la tête haute mais je crois qu’on a quand même pris 2, 3 claques dans l’égo. Et pis, comme on est partie avec l’option pas de thune, il a fallu, faire descendre son égo encore un peu plus bas, et trouver des petits boulots. Quand tu as 30 ans et que tu as bossé presque 4 ans en agence à Paris, pas la peine de t’expliquer que tu le vis mal. Servir des cafés à des connards, c’est un crève-cœur, mon mec a été plongeur, la tu ne sers même pas le café, tu nettoies le bordel après, c’est proche de l’humiliation.

Comme on a eu un bel ange gardien, on a fait un combo en à peine un mois. Lui, à trouver un « vrai » job et le sponsor qui va avec. Sponsor qui m’était aussi accordé car petite amie officielle. Moi, avec ce blog et mon article sur La Redoute : http://leblogdeb.tumblr.com/post/19396315346/new-job-new-life-et-des-tonnes-de-pancakes

En l’espace de quelques semaines, nos vies ont changés. Un appart, un vrai, qui en plus est, sans cliché aucun, l’appart de nos rêves. Celui ou tu te sens bien, ou tu aimes trainer et faire des bonnes bouffes. De l’argent, pour pouvoir vivre enfin comme des trentenaires accomplis, des jobs pour pouvoir s’épanouir.

C’est difficile d’avoir plus de chance.

Maintenant, on se pose enfin. On souffle et on est fier du chemin parcouru.

Je dirais que dans tout ça, c’est la famille et les amis qui manquent le plus. C’est fini, l’emploi du temps surchargé et les weekends bookés 3 semaines à l’avance, la vie est plus calme mais moins de cigarettes et d’alcool, je ne pense pas que cela soit si grave.

La crise n’est pas ici, la crise n’est pas dans nos sujets de discussions, elle existe, c’est vrai, toujours là, mais on a le luxe de pouvoir l’oublier. C’est une vraie respiration.

J’entends et je vois pas mal de monde qui parle de venir ici. Je n’ai qu’une chose à dire : VENEZ

Mais attention aux fantasmes, il ne suffit pas de se baisser pour trouver un job et un appart, il faut des reins solides et être prêt à sacrifier quelques mois. Mais est ce que le jeu en vaut la chandelle ?: la réponse est oui.

Si une autre vie est possible, elle l’est en Australie 

Non, sincèrement je me pose la question. Au vu de mon dernier week end, je commence à me dire, non mais ce n’est pas possible: “Ou ils sont vraiment trop gentils ou on est vraiment des gros connards en France”.

 Je m’explique :

Premier petit truc pour illustrer mes propos. Quand tu vas au cinéma, il ne vérifie pas que tu as un pris un ticket. JE REPETE : personne ne te demande ton ticket à l’entrée de la salle. Bon et bien je suis désolée mais moi la première pensée qui me vient : « Ouh punaise, mais on pourrait rentrer gratos », je sais, c’est mal mais je suis sur que vous penseriez la même chose. Et pour avoir été plusieurs fois au ciné, je peux te dire que ca se passe toujours comme ça.

Bon, tu restes septique, next :

Je suis partie en week end, et j’ai passé une nuit dans un bed & breakfast. Quand nous sommes arrivés, le gérant ne nous a rien demandé, pas de carte d’identité, pas de carte bleue, pas d’empreinte digitale, rien. Il nous a juste dit avec son accent incompréhensible :

« Vous viendrez me régler demain matin et si vous mangez ici, vous le mettrez sur votre numéro de chambre, thank you buddy»

Bon, bah la encore, première pensée « Mais il est fou, ca veut dire qu’on peut se barrer sans payer, il y verrait que dalle » !!! 

D’ailleurs, on est parti très tôt le lendemain matin, l’accueil n’était même pas ouvert, on a du laisser l’argent dans notre chambre avec un petit mot.

Imagine un peu ça en France ?

Quand tu vas au ciné, genre à Bercy, tu passes un contrôle de sécurité aussi renforcé que dans un aéroport. Si tu vas aux toilettes pendant la séance, tu as intérêt à montrer patte blanche, sinon tu finis le film dehors…

Pour louer une chambre, on n’en parle pas. Généralement, tu as du tout payer avant même d’être arrivé…

C’est vrai que depuis mon installation ici, j’ai du apprendre à me détendre et perdre mes reflexes de parisienne. J’avais l’air suspecte à tenir mon sac à main comme une tarée dans le tram. Les filles ici, en terrasse des cafés, elles laissent leurs sacs et leur Iphone sur la table sans même se poser la question.  La première fois que j’ai vu ça, je me suis dit « c’est une caméra caché ? On veut me piéger, vous ne m’aurez pas salaud»…

Mais non, ici on part du principe que tu es gentil jusqu’à preuve du contraire.

Je ne comprenais pas en France, quand dans le métro j’entendais « Attention des pickpockets sont susceptibles d’agir dans cette station », je me disais « Ouais bah y’a pas que dans cette station qu’ils sont suscpetibles d’agir les pickpockets, faut être con pour pas surveiller son sac », maintenant, j’imagine un australien dans la ligne 9 et je me dis le pauvre:

 ”c’est un petit bébé pingouin au milieu d’un banc d’orques” … Il ne doit pas s’imaginer le quart de ce qu’on va lui faire.

Si seulement on pouvait se sentir aussi bien à Paris…

  • Ne pas devoir se battre avec le serveur parce que tu lui demandes un verre d’eau…
  • Ne pas se faire engueuler par la guichetière de la RATP (et tout ceux qui font la queue) parce que tu ne trouves pas ton pass navigo…
  • Ne pas passer son temps à surveiller son sac…
  • Ne pas changer de trottoir en face d’une bande de mecs quand tu rentres toute seule le soir…

Tiens encore un exemple :

Bon c’est un truc de filles. On le sait toutes, quand tu passes devant un chantier ou il y a des mecs du BTP (ou autres hein, je ne veux pas de problèmes avec les mecs du BTP, j’aimerais bien un jour construire une maison ), tu peux être sur que 9 fois sur 10, tu te manges une réflexion bien graveleuse à base de « Tu ne veux pas venir réchauffer ma saucisse ? » (si si on m’a sorti ça une fois), et bien sache que ici, les mecs ne te calculent pas. Ils bossent et tu as autant d’intérêt qu’un saucisson pour un végétarien.  

Idem quand tu rentres de soirée, les mecs sont bourrés comme des cuves irlandaise, et bah rien, Ils te disent bonsoir et pis c’est tout. Crois moi que c’est vachement agréable.  

Donc voila, ca c’est un truc que j’aimerais bien importer en France, un peu plus de courtoisie et un peu moins de suspicion. (Oui tu peux verser une petite larme si tu veux) ! 

On a tous des chansons, des clips qui ont une signification personnelle, très personnelle. Tu sais, le titre que tu entends et qui, en 1 seconde te replonge dans des chouettes ou moins chouettes souvenirs.

Ces chansons, tu les oublies parfois et puis, au hasard d’une radio, tu tombes dessus et la BAM, c’est ta madeleine de Proust musicale.

Je suis retombée sur celle là: 


U2 - Staring At The Sun by Master_System

J’avais 16 ou 17 ans je pense, et j’étais tombée amoureuse d’un allemand (au doux nom de Petar…) lors d‘un échange linguistique.  Je lui avais dit que j’adorais U2, il l’avait joué rien que moi à la guitare, t’imagine un peu le truc. Littéralement, je n’en pouvais plus.

Je ne vais pas vous mentir les gars, le coup de la guitare au coin du feu, ca marche à fond entre 15 et 20 ans. Y’a un petit coté, Oh mon dieu il m’a regardé, LUI, la le beau gosse (généralement le mec qui joue de la guitare au coin du feu dans des soirées ado est un beau gosse qui à trouver le méga filon pour rouler un max de pelle sans effort).

Bref, dès que j’entends cette chanson, je me rappelle le frétillement de mon âme à se sentir unique parmi la foule.

 Après il y a eu ma première prise de conscience avec … :

J’avais 10, et j’ai pas tout de suite capté le fond du sujet. Quand j’ai réalisé, je suis devenue toute rouge dans ma chambre dauphin sur fond de coucher de soleil et mes jouets Polly Pocket, j’ai compris qu’on pouvait tous être différent. Ensuite, très très vite, j’ai compris que Celine Dion, ca le faisait pas.

 Et puis il y a ce que j’appelle la chanson Hymne, celle que tu écoutes  à CHAQUE soirée avec ta bande pote, que si tu la passes pas, la soirée est considérée comme naze :

Dès que j’entends la première note, j’ai des milliards d’images qui me viennent en tête et le sourire qui suit juste après.

 Il y a les chansons de rupture, ou  tu te dis «  Ouais bah j’en ai rien à foutre de l’écouter à fond, je viens de me faire larguer alors tu me laisses tranquille ok !!! »

A ce moment là je ressors mes albums de Mano Solo et hop c’est parti mon kiki : « Life is a bitch »:


Y’a la chanson, j’ai honte et j’assume pas (maintenant un petit peu)… : Oui, c’est vrai, tous les matins parfois je l’écoute en m’habillant et je KIFFE, oui voila, c’est bon… Rigole va: 

Et le vieux titre que tu aimes toujours : Sacré Gilbert

Et puis il y a celle que tu kiffes par dessus tout et que tu as vu 3 fois en concert et 3 fois avec une de tes meilleures potes, que tu reverras encore 10 fois avec cette même meilleure pote parce que, c’est comme ça, tu n’as même pas besoin de lui demander, si elle passe en concert, tu achètes 2 places et mise à part ton propre mariage, il n’y a aucune raison de ne pas être disponible!!

L’un des meilleurs concert de ma vie (à L’Olympia By the way)!!

Faut que je trouve ma chanson australienne maintenant !!! 

Et après j’imagine ça…

Quand d’autres font ça : 

Tu l’as compris, j’ai peur des requins..

Je me suis mise au sport…Non, on ne rigole pas. Et Oui, pour de vrai.  Cela fait déjà 3 semaines, donc  je considère que je peux en parler officiellement.

Parce que j’entends déjà mes amis dire « Ah oui ? Et tu fais quoi cette fois ? »…N’en voulez pas à mes amis, c’est normal qu’ils soient un peu septique car ils m’ont vu faire un nombre incalculable de tentatives: 

  • Le badminton : J’ai réussi à me casser le poignet en tombant en arrière. Le médecin a dit que c’était une première et m’a prise en photo avec la radio.
  • L‘aviron : Je me suis retournée dans l’eau et j’ai perdu ma veste préférée (j’avais 15 ans donc finalement la mode me remercie)
  • Le patinage artistique : Le prof m’a presque viré parce que j’ai râlé quand il nous disait que l’on ne serait pas faire un triple louts piqué en 6 mois…du coup je ne suis jamais revenue…
  • La boxe française : Je me suis mise à pleurer quand j’ai du m’entrainer face un mec d’1m90…
  • L’équitation : Quand on a voulu me faire passer d’un poney à un cheval, j’ai prétexté une envie urgente et j’ai quitté la ville pour 1 an.
  • Volley ball : Bon la j’ai tenu longtemps c’est ma plus grande fierté.

Donc quand la, d’un air sur et affirmé, j’ai dit « Je me mets au footing », il y a eu une crise de fou rire. Un peu comme quand, bourré au 31, tu te mets à faire des résolutions de merde (oui il faut le dire) 

  • Je deviens végétarienne, non sérieux, tu as vu comment on tue les bêtes, c’est horrible, “Tu me passes le saucisson steuplait” !!
  •  J’arrête de sortir avec des connards, c’est TER-MI-NE, y’en a marre des plans cul.
  •  Cette année, j’achète un appart
  •   Je crois que je vais faire du bénévolat à la Croix-Rouge, j’ai envie de penser aux autres
  •  Mais bien sur que je serais la pour ton déménagement le week end prochain, tu peux compter sur moi
  • Et Le classique mais imparable : « j’arrête de fumer ”

Imagine ma crédibilité…

En plus il faut savoir qu’en Australie et à Melbourne, le sport est une religion. Ici, tu donnes ton nom, ton âge et ton club de sport dans les fiches d’inscriptions…Quand tu te balades, tu croises à chaque fois la bombe qui fait son footing, l’air heureuse et épanouie et pour te dire même les vieux sont musclés…

Pour couronner le tout, ils ont tous la tenue complète, mais complète : le porte baladeur, le porte bouteille, l’I-phone sur Run keepper, la tenue assortie aux chaussures.

Moi je ne ressemble à rien…J’ai une tenue qui a pas du couter plus de 30 euro, rapport au fait que si je tiens 1 mois, mon mec m’a dit qu’il m’offrait la panoplie: “Hooooo, un shorty en lycra moche mais c’est génial !!!!j’adore”… Donc pour l’instant je cours ET je suis ridicule.

Mais bon, ça fait 20 jours que je cours 4 à 5 fois par semaine et entre 20 et 30 minutes. Je suis hyper fière de moi et je culpabilise plus quand je vais au Mc Do, c’est du win-win.

Je peux enfin dire avec aplomb:  «Mmm, oui non, je ne sais pas si je m’inscris pour le semi-marathon ou le marathon cette année ?”

ou

"c’est quoi ta perf à toi ? Hein: 1h30…ah ouais pas mal… (Putain mais il court avec des rollers ??)”,

Et je place dès que je le peux, genre discrètement, l’air de rien :

  • Un apéro ? Mais carrément. Par contre, pas avant 20h, je fais mon footing avant. Tu sais c’est important de prendre soin de soi.
  •  Mmm, c’est quand même dingue comme le corps est réactif, depuis que je cours, je te jure j’ai pris du muscle, c’est incroyable. T’as vu ces abdos un peu.
  • Je bois 3 litres d’eau par jour, s’hydrater, c’est la base pour nous les sportifs

Bah oui, je me la pète !! Attends tu ferais pareil si tu te mettais au sport !!

Bon par contre la j’ai du arrêté quelques jours, je me suis fait un torticolis en remontant une cote (véridique malheureusement…), j’ai un arrêt maladie de 5 jours…

S’il y a bien une chose qui a changé depuis que je suis arrivée à Melbourne, ce sont mes sujets de conversations.

Pas que ceux que j’avais avant fussent nuls,  ah non non, je ne peux pas vous laisser dire ça (et pis j’ai mes cop’s qui lisent mon blog, j’aimerais bien les revoir et squatter leur canapé en juillet) c’est juste que tout d’un coup je me suis mise à poser des questions bizarres :

·         C’est quoi tes papiers ?

·         T’as un visa ? (putain salaud)

·         J’ai entendu dire qu’il y avait un mec qui avait reçu son visa en s’inscrivant à la fac ?

·         Si je quitte 25 fois le territoire et que je ramène un koala, j’aurais un Permanent Resident ?

Bref, il y a peu, j’ai réalisé que l’immigrée, bah maintenant c’était moi.

Je n’avais pas pris conscience que cela allait prendre autant de place dans ma vie. Tout d’un coup, quand tu veux rester dans un pays, la question vitale du VISA devient une obsession. Chacun y va de son commentaire: 

Il y a les crâneurs : « Ouais, moi tu sais, ça fait 18 ans que je suis la, j’ai la double nationalité, j’ai un passeport français et un passeport Australien », et je parle avec un accent anglais en français et je fais style de ne plus bien parler français, genre : « Hier, j’étais au shop et c’était busy, no way j’y retourne,  trop full le truc, oh my god, LOL»

Les petits crâneurs : « Moi, je suis la depuis 6 ans, oui j’ai un visa, oarff bah c pas compliqué, tu montes  ta boite et pis voila. Mais la je rentre en France, j’en peux plus des Australiens, trop gentil, Paris me manque tant. Ici, tout le monde te dit merci, c’est booooring »

Le magouilleur riche: « Alors, tu t’inscris à la fac pour 25 000 dollars et tu peux rester un an de plus »

Le magouilleur pauvre : « J’ai bossé plus de 90 jours dans une ferme à ramasser des courgettes et des mangues, du coup je peux rester un an de plus mais je ne peux dormir que dans des campings car ou des vans volkswagen, et j’ai le droit d’aller une fois par mois au camping. »

Le don-juan : « Moi, comme je me marie avec une australienne, bah pour moi c’est automatique. Ouais j’ai de la chance, je sais »

L’anarchiste : « Quoi, un visa ? Mais on s’en fout. Tu te fais payer au black et tu ne sors pas du territoire, c’est tout »

Le décomplexé : « Vi, j’ai pas de visa, tant pis, bon c’est quoi ton 06 ? Moi je vais au bar, tu me rejoins ?  Je t’attends, viens, je t’aime, on va chez toi ? »

Cela m’a surtout fait prendre conscience de la véritable galère que devait vivre les immigrés sur le territoire français… Déjà ici, on sent que  c’est une terre d’accueil. Pour vous dire, ils ont des panneaux dans les rues ou est écrit :

We are one, but we are many

And from all the lands on earth we come

We share a dream and sing with one voice:

I am, you are, we are Australian”

Ce qui correspond en gros:

« Nous ne sommes qu’un, mais nous sommes plusieurs
Et de tous les pays sur la terre d’où nous venons
Nous partageons un rêve et le chantons d’une une seule voix:

Je suis, vous êtes, nous sommes des Australiens »

C’est nettement plus accueillant que les slogans de Marine.

 

Et même avec toute cette bienveillance, il faut s’accrocher pour s’intégrer. Alors en France. Je n’imagine pas la galère pour trouver sa place…

Ce que j’aime ici, c’est que lorsque tu te présentes à un poste, la seule question posée est : « Es tu compétent ? ». Il n’y a pas cette idée que quelqu’un te pique ton travail. Il y a juste « Que le meilleur gagne ». Ca change pas mal la donne. On se remet en question sur ces compétences par  sur ses acquis ou soi-disant devoir et/ou privilège. Ca fait du bien.

En tout cas, j’ai compris beaucoup de choses en venant ici sur la difficulté de l’immigration et je retiens que le problème n’est pas l’immigré mais le pays qui l’accueil et ceux qui detiennent ces valeurs. 

Voilà bientôt 6 mois que je me trouve en territoire australien et je commence enfin à percevoir les petites différences du quotidien qui sont pas grandes mais qui quand même te change la vie.

Bon je ne m’attarde pas trop sur les températures, je ne voudrais pas vous casser le moral, mais je tiens quand même à préciser qu’il faut une certaine contorsion de l’esprit pour associer décembre et soleil. Ok, quand il s’agit de 3 semaines de vacances, tu SAIS que ce n’est pas normal et que bientôt tu retrouveras ton teint blafard et ton nez qui coule (tu pourras cependant te pavaner un peu à ton retour avec ton bronzage écrevisse).

Pour ma part, après 2 premiers mois de soleil, j’ai commencé à penser que tout cela était une imposture et que très vite, je me réveillerais un matin avec une pluie battante et des petits flocons. Je me suis dit que cela ne pouvait pas durer. Voyant le 25 décembre approcher, j’ai couru dans le premier magasin du coin pour m’acheter une écharpe et des gants et me préparer à l’hibernation. On ne me la fait pas à moi !!! Puis, j’ai voulu lancer ma première soirée raclette, ma cure de strepsils et le port de moonboots obligatoire, j’ai tout arrêté quand j’ai vu passé mon cinquième Père Noel en roller et shorty… Mais je garde quand même une paire de moufle, just in case.

Sinon, oui, il y a de subtiles petites différences qui te font dire « Coooooool » :

TU PEUX CHOISIR TON CODE PIN DE CARTE BLEUE

Ca peut paraitre futile au premier abord, mais tu dis adieu à la lettre cachetée semi-secrète envoyée par la poste 3 semaines après ta carte. Là, tu vas à la banque, et la dame te demande quel code tu veux. Evidement tu mets ta date de naissance, donc vaut mieux planquer ton passeport. Mais adieu système D pour retenir ces 4 chiffres maudit. Tu ne pourras jamais oublier ton code et te taper la guichetière « Ah bah maintenant moi je peux rien faire, il va falloir faire une nouvelle carte, ca va prendre 2 semaines et 350 euro, vous payez en chèque ? »

AU CINEMA, TU CHOISIS TA PLACE

Oui, oui oui. Tu as une place rien que pour toi. Finis la queue de 3 heures à l’UGC des Halles ou commence un combat de regard dans la file d’attente puis le moment très important de l’ouverture de la salle où tu as l’impression de faire le départ de 4 X 100 mètres des JO. D’ailleurs, il y a toujours TOUJOURS des petits malins qui te doublent avec le sourire et qui se posent devant toi tout en réservant les 6 places autour pour les potes…

La, tu es tranquille, c’est TA place rien qu’à toi et personne ne peut te la prendre. J’adore et cela à grandement contribué à faire baisser ma pression artérielle (et celle de mon copain)!

TU PASSES QUE QUAND C’EST VERT POUR TOI

Je vois déjà les parisiens faire «Mouarfff, tu passes qu’au vert, mais c’est la honte», moi je dis finis le stress de montrer que justement je suis un parisien et que je ne traverse que quand c’est rouge. Ici, tu as une petite balise sonore qui se met à rugir quand tu peux traverser et gare à  la voiture qui ne le respecte pas, elle finira au poste pour une garde à vue (le conducteur hein pas la voiture : +2 pour la vanne). Il faut dire aussi, que si tu traverses au rouge tu  as des grandes chances de devoir casser ton PEL pour couvrir les frais d’hôpitaux car ils ne s’arrêtent pas…

TU PEUX DEMANDER DU « CASH OUT » A LA CAISSE DE MONOPRIX

Je m’explique. Lorsque tu vas acheter ton pain quotidien (ou plutôt un truc qui ressemble à du  pain mais qui n’a pas du tout le gout du pain) et que tu payes en carte, la gentille dame te demande si tu veux du cash en plus de tes achats. C’est directement prélevé de ton compte et pas besoin d’ATM.  Uber pratique et so Easy way of life !!

Voila pour le moment, Je vais continuer à regarder tout ça avec attention et vous faire des petits bilans quotidien mais j’attends d’abord que l’hiver soit terminé…ou qu’il commence, je ne sais plus trop.